Au Québec, des événements marquants

Au Québec: des événements marquants

Régulièrement au Québec, des événements météorologiques extrêmes bouleversent la vie de nombreuses personnes et entraînent des pertes économiques importantes. Au cours des deux dernières décennies deux événements ont marqué les mémoires de plusieurs Québécois.

Les pluies du Saguenay

Le premier événement qui revient à la mémoire est sans contredit celui qui s’est abattu dans la région du Saguenay du 19 au 21 juillet 1996. Durant plus de 50 heures, un très gros système dépressionnaire a déversé d’énormes quantités d’eau sur tout le sud-ouest du Québec, soit environ de 50 à 100 millimètres Lien externe  de pluie. Au Saguenay et sur les régions avoisinantes, les quantités ont atteint jusqu'à 275 mm,  ce qui correspond approximativement à ce que la région reçoit au total en un mois de juillet normal. Selon Environnement Canada, les pluies diluviennes du 18 au 21 juillet 1996 se retrouvent parmi les plus importants événements de pluies abondantes mesurées. 

Les dommages occasionnés par les inondations ont été très importants. Rappelons que 10 personnes y ont perdu la vie. Ces inondations ont détruit 488 maisons, en ont endommagé 1230 autres, forcé l’évacuation de 16 000 personnes, coupé une bonne partie de la région du bas Saguenay et de l’arrière-pays. Les pertes économiques ont elles aussi été très importantes, car cela s'est produit au plus fort de la saison touristique. Les industries locales ont aussi été durement frappées; les papeteries et certains commerces ont été fermés pendant plusieurs semaines. On estime que les dommages financiers se sont élevés à quelques 700 millions de dollars. Pour l'industrie de l'assurance, ce fut à l’époque la catastrophe météorologique la plus coûteuse du Canada. Si l'on compte les pertes de biens assurés et non assurés, ajoutées aux coûts indirects pour l'économie, on a estimé que les pertes totales ont dépassé 1,5 milliard de dollars.

L’enquête  qui a suivi a démontré qu’une partie des conséquences  des inondations auraient pu être évités, si le système de barrages et de digues de la région avait été mieux entretenu, et si les municipalités avaient conservé leurs zones inondables, plutôt que de les transformer en lieux d’habitations.

Source: La Maison de la Presse, Saguenay

Mais comme le dit l’adage : «  À toute chose malheur est bon ». Les inondations du Saguenay ont eu pour conséquence de créer une vague de sympathie et de collaboration de la part de la population canadienne à l’endroit des sinistrés. Elles ont aussi permis, en faisant  sortir de leur lit les rivières Saguenay Lien externe  et Ha! Ha!, Lien externe  de recouvrir par une nouvelle couche de sédiments ceux qui étaient fortement pollués.

La crise du verglas de 1998

Le deuxième événement météorologique extrême s’est produit entre le 5 et le 10 janvier 1998 sous la forme d’épisodes intenses de pluie verglaçante. Bien que ses effets se soient fait sentir sur une partie de l’Ontario et de la vallée du Saint-Laurent, il s’est surtout concentré sur les régions de la Montérégie et de l'île de Montréal.

Ce n’était pourtant pas la première fois, que de la pluie verglaçante s’abattait sur le Québec. Il s’agit même d’un phénomène assez normal, puisque chaque année on relève de telles précipitations. Ces épisodes qui durent rarement plus que quelques heures à la fois, et qui laissent quelques millimètres, n’occasionnent généralement que de petits désagréments et parfois des accidents en raison des routes et trottoirs glissants. L'usage de déglaçants suffit à ramener la situation à la normale.

Mais en ce début de l’année 1998, la situation n’était plus tout à fait normale à tel point que cet épisode est rapidement devenu LA CRISE DU VERGLAS. En six jours, entre 50 et 100 mm de verglas sont tombés. Les impacts ont été très importants tant sur le plan économique que sur la santé des populations.

  • 28 personnes sont mortes (neuf par accidents, sept par intoxication au monoxyde de carbone, cinq dans des incendies, quatre d'hypothermie et trois par des activités à risque diverses comme le déneigement des toits glacés);
  • 945 personnes ont été soignées pour diverses blessures;
  • 600 000 personnes ont été évacuées
  • environ 900 000 foyers ont été privés d'électricité au Québec et 100 000 en Ontario » (en général un client moyen représente de trois à quatre personnes) ;
  • environ 100 000 personnes ont dû se réfugier dans des centres d'hébergement  ;
  • sur une période de 24 à 48 heures, certains ont dû faire bouillir leur eau avant de la consommer  ;
  • les compagnies aériennes et ferroviaires ont dû inciter les gens à éviter la région touchée  ;
  • 16 000 soldats (y compris 3 700 réservistes) ont été déployés pour aider au nettoyage et aux évacuations et pour assurer la sécurité ;
  • des millions d'arbres ont été endommagés (occasionnant des pertes importantes dans les secteurs de l’agriculture et de l’acériculture
  • 120 000 km de lignes électriques et de câbles téléphoniques ont été touchés
  • 130 pylônes de transport en acier d’une valeur de 100 000 $ CAN pièce/chacun se sont écroulés et 30 000 poteaux de bois d’une valeur de 3 000 $CAN pièce ont du être remplacés.
  • plusieurs bâtiments se sont effondrés sous le poids de la glace et de la neige

Source: Sûreté du Québec

Selon les évaluations qui ont été faites, il s’agit vraisemblablement du désastre naturel le plus coûteux de toute l’histoire canadienne. Les réclamations d’assurances se sont élevées à 1 milliard $, les travaux de réparation des infrastructures électriques se sont chiffrés à environ 1 milliard $, tandis que les pertes de revenus du milieu des affaires ont été évaluées à 3 milliards $.

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