Boire la mer ou mourir de soif

Boire la mer ou mourir de soif

Il faut se rappeler que seulement près de 3 % de toutes les eaux présentes sur Terre sont douces et que leur répartition n’est pas égale entre tous les pays. Plusieurs pays font déjà face à un déficit d’eau qui va augmenter au cours des prochaines décennies en raison de l’augmentation de la population et de ses différents usages. Bientôt d’autres pays viendront se rajouter à cette liste. L’augmentation du niveau des océans menace aussi d’accroître la salinité de l’eau, que ce soit en contaminant les nappes phréatiques ou comme ce sera le cas pour le fleuve Saint-Laurent, en repoussant les limites des eaux saumâtres.

C’est donc assez naturellement que les regards se sont portés sur les 97 % d’eau restante, mais que la présence massive de sel rendait jusque-là impropre à la consommation humaine. Depuis plusieurs années déjà il est possible de dessaler l’eau de mer pour la rendre consommable. Plusieurs systèmes existent dont les deux principaux sont ceux qui utilisent les procédés de la distillation et de l’osmose inverse.

« La salinité moyenne des mers est d'environ 35 g de sel par litre soit 3,5% du poids de l'eau, et peut varier selon les climats : 7 g/l en mer Baltique, 270 g/l dans la mer Morte. La concentration maximale pour les eaux destinées à la consommation humaine est de 200 mg/l. »

L’inconvénient majeur de ces systèmes est qu’ils sont très coûteux à faire fonctionner. Les quantités d’énergie nécessaires au chauffage ou à la compression de l’eau sont encore trop élevées, et les volumes d’eau produits encore trop faibles. L’utilisation de cette technique de production d’eau potable reste donc encore marginale et seuls certains pays, comme le Koweït et l’Arabie Saoudite, utilisent le dessalement pour produire l’eau douce destinée à la consommation humaine.

Cependant, de nombreuses recherches ont déjà permis de simplifier les systèmes de dessalement, de réduire les pertes énergétiques, de les rendre moins coûteux, plus simples à installer et à entretenir. Des systèmes à l’énergie solaire commencent aussi à être utilisés. Pour certains pays, l’enjeu est vital. Si aujourd’hui environ 1,5% de la population mondiale est déjà alimentée par cette technique, on estime qu’en 2015, 30 millions de m3 d'eau de mer seront dessalés chaque année dans le monde.

« Le dessalement ne peut être considéré que comme un dernier recours". Il faut avant tout se concentrer sur la préservation des ressources » - Eric Le Sueur, PDG Éco Environnement Ingéniérie, VÉOLIA

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