La situation au Canada et au Québec

La situation au Canada et au Québec

Pour la grande majorité des Canadiens, le fait de consommer l’eau du robinet constitue un acte banal et normalement sans danger. En effet, l’eau que nous buvons est généralement de très bonne qualité au point que nous oublions quelle chance est la nôtre de vivre dans un pays capable de disposer d’équipements et d’infrastructures modernes pour assurer à tous un accès à de l’eau potable. À ce jour, les maladies à transmission hydrique y sont peu présentes et seulement quelques cas par année sont observés. Ils résultent généralement d’une contamination de cours d’eau ou d’aquifères par des matières organiques, des microbes ou des substances chimiques et ce, généralement après des épisodes de fortes précipitations. Or, on prévoit que les changements climatiques vont justement rendre plus fréquents et plus sévères de tels phénomènes météorologiques extrêmes.

Ce fut malheureusement le cas dans la petite ville ontarienne de Walkerton, où le 12 mai 2000 à la suite d'un violent orage qui frappa toute la région, les eaux potables ont été contaminées par une souche mortelle de la bactérie E. coli. Sept personnes perdront la vie, des milliers d'autres souffriront de maux divers. Il s'agit alors du plus gros cas de contamination à l'E. coli au Canada. Aujourd'hui encore, certains citoyens en portent les séquelles. L’enquête a montré que le système d'approvisionnement en eau potable de la communauté était fragile et mal contrôlé depuis longtemps. Après des mois d'incertitude, d'accusations et de scandale, le 18 janvier 2002, le rapport issu de l'enquête publique met en cause le ministère de l'Environnement Ontarien et les responsables des eaux de la ville.

 Au Québec, depuis 2001, la qualité de l’eau de consommation est soumise à des normes et des contrôles plus sévères qui tiennent compte de cet épisode ontarien, et qui sont prescrits par le Règlement sur la qualité de l’eau potable. Malgré les mesures prises pour assurer une eau de qualité cela n’empêche pas l’apparition de quelques cas de maladies hydriques. Selon les études réalisées par l’Institut national de santé publique (INSPQ), de 2005 à 2007, 80 éclosions de maladies hydriques ont été dénombrées touchant au moins 586 personnes. Dans 53 % des cas, l’agent responsable est demeuré inconnu. La plupart des cas recensés, soit 79 % d’entre eux étaient d’origine infectieuse (présence de micro-organisme tels le Giardia, les cercaires et la bactérie E.coli). Jusqu’à présent les symptômes associés aux cas qui ont été dénombrés ont été peu sévères et aucun décès n’a été répertorié. Ils vont des troubles gastro-intestinaux (nausée, vomissement et diarrhée) de courte durée, à certains cas de dermatites, d’infections aux yeux, aux oreilles et à la gorge.

Selon les spécialistes du secteur de la santé, les changements climatiques pourraient contribuer à l’émergence et à l’éclosion des maladies à transmission hydrique. La baisse anticipée des niveaux d’eau dans le bassin des Grands Lacs, l’augmentation des précipitations et des températures pourraient faciliter la prolifération de plusieurs micro-organismes et tout particulièrement par les cyanobactéries que l’on appelle généralement les algues bleu-vert.

Toute la population québécoise est susceptible d’être touchée par l’augmentation des maladies hydriques, mais les personnes suivantes sont plus à risque de les développer ou encore de souffrir de complications :

  • Les enfants en bas âge;

  • Les personnes âgées;

  • Les personnes souffrant de maladies chroniques affaiblissant le système immunitaire;

  • Les personnes voyageant dans des pays où des maladies hydriques sont endémiques;

  • Les campeurs (accès à des sources d’eau potentiellement contaminées);

  • Les amateurs d’activités aquatiques.

Une initiative de

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