Ne touche pas a mon île!

Ne touche pas à mon île!

Le 17 octobre 2009, les images de la tenue du Conseil des ministres de l’archipel des Maldives ont fait le tour du monde. Vêtus de combinaisons et bouteilles de plongée sur le dos, le Président Mohamed Nasheed et ses 11 ministres ont signé par 6 m de profondeur une résolution appelant à une action mondiale pour la réduction des émissions de CO2. L’objectif de cette mise en scène subaquatique était d’alerter la communauté internationale du danger qui guette ce petit archipel de l’Océan Indien d’être submergé sous l’effet de la montée des eaux.

Bien que géniale, l’opération n’avait rien d’une campagne publicitaire cherchant à promouvoir aux touristes fortunés les magnifiques plages de cet archipel paradisiaque. Les risques de voir disparaître certaines îles de leur archipel sont réels et les conséquences vitales pour les 350 000 Maldiviens qui y vivent. Deux choix s’offrent à eux : le premier est de renforcer les défenses naturelles de l’archipel en restaurant les récits coralliens et la végétation côtière et, au besoin, construire des digues artificielles pour contrer la montée des eaux; le deuxième choix est de préparer le départ des populations vers une terre d’accueil ailleurs dans le monde. Bien que certains considèrent cette idée peu pratique, elle est pourtant envisagée avec beaucoup de sérieux. Le président Nasheed s’est engagé à consacrer la plus grande part possible des revenus du tourisme, à la création d’un fonds vert qui donnerait au pays les moyens d’acheter une terre pour y accueillir les Maldiviens condamnés à l’exil.

Cette situation n’est bien évidemment pas unique aux Maldives. L’exemple de Kiribati, petit archipel de 33 îles et atolls situé dans le Pacifique Sud, entre Hawaii et l’Australie, démontre là encore que le phénomène du réchauffement planétaire et de la montée des océans doivent être pris très au sérieux et nécessitent une solidarité internationale dans la recherche de solutions. En 1999, la disparition des îles de Tebua Tarawa et d’Abanuea ont amené les autorités politiques de ce petit État d’Océanie à considérer l’urgence d’établir un plan de relocalisation des quelques 105 000 habitants vers un nouveau pays d’adoption. Malgré ses efforts auprès de ses puissants voisins (Chine et Australie) seule la Nouvelle-Zélande s’est engagée à accueillir quelques milliers de Kiribatiens. Que deviendront les autres quand l’eau commencera à monter davantage ? Les premiers réfugiés climatiques de la planète !

La responsabilité de l’élévation du niveau des océans n’appartient bien évidemment pas à ces petits États insulaires dispersés sur la planète, regroupant au plus quelques centaines de milliers d’habitants et généralement peu développé économiquement … mais ils en sont les premières victimes. Leur vulnérabilité est aussi grande que l’océan qui les entoure et elle ne cesse d’augmenter. C’est pourquoi il est nécessaire que la communauté internationale et surtout les pays riches interviennent rapidement en mettant à leur disposition les ressources financières pour tenter de limiter les impacts de la montée des eaux sur ces petites îles. mais aussi en se demandant si elle le droit de condamner ainsi une partie de l’humanité pour continuer d’avoir un mode de vie qui produit autant de désordre et de pollution. Ne rien faire signifie les condamner à l’exil, et dans une certaine mesure à la mort de leur culture, de leur manière de vivre et ce faisant d’un pan de l’histoire humaine.

 

 Source: www.photo-libre.fr

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