Quand les océans ont faim

Quand les océans ont faim

À regarder les chiffres de l’augmentation prévue du niveau des océans, il ne semble pas y avoir vraiment de raisons de paniquer. Ne parle-t-on pas d’un maximum de 60 cm d’ici la fin du 21e siècle ? La science aura alors trouvé des solutions, et nous aurons facilement  fait le deuil de ces quelques morceaux de terre disparus ici et là puisqu’il en restera toujours assez ailleurs. Est-ce si simple que cela ?

Actuellement, la moitié de la population mondiale vit le long des côtes. Une augmentation, même faible, du niveau des océans aura des conséquences importantes sur plusieurs pays dont les côtes sont peu relevées (Bengladesh, Pays-Bas, etc). Ce sont surtout les pays pauvres qui seront les plus touchés, car ils ne disposent pas des moyens financiers et techniques pour limiter les impacts dus à cette montée des océans et pour aider leurs citoyens qui vivent dans ces zones à risque.

Le Québec à l’heure de la montée des océans : risque zéro ou non ?

Comme tous les territoires disposant de côtes, le Québec subit et subira les effets de la montée des océans avec des conséquences souvent importantes et qui pourraient s’avérer très onéreuses pour l’ensemble de la société.

L’une des premières conséquences est l’érosion des rives surtout dans les régions de l’estuaire et du golfe. Récemment, une étude menée par le Consortium Ouranos Lien externe   pour le compte du ministère de la Sécurité publique du Québec Lien externe , a permis de cartographier toutes les zones à risque de subir une érosion. Il ressort que 35 % des côtes du Québec maritime sont à risque de submersion. Dans les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, presque toutes les côtes sont moyennement sensibles ou très sensibles à l’érosion et sur la Côte-Nord, déjà 60% des zones de sol meuble se font éroder par la mer au rythme de 1 à 10 m par année.

Ce phénomène d’érosion sera accentué dans les prochaines années en raison de la disparition des glaces hivernales qui agissent comme des obstacles naturels, mais aussi en raison de l’aménagement du territoire (construction de routes, enrochements, modifications du régime hydrologique des rivières, constructions de maisons à proximité des côtes, etc.).

D’autres conséquences sont à prévoir pour certaines municipalités côtières du Golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent, notamment en ce qui concerne leur approvisionnement en eau potable. L’augmentation du niveau de l’océan pourrait entraîner l’eau salée près des nappes d’eau souterraines ou de certaines prises d’eau, ce qui rendrait bien évidemment l’eau impropre à la consommation ou même à l’irrigation.

Source: Benoît Vigneault ©

La montée des eaux nous rend toujours plus vulnérables et nous devons, dès à présent en prendre conscience et élaborer des plans de préventions et d’actions qui permettront de diminuer les impacts indésirables sur l’environnement et sur les infrastructures dont nous dépendons. Ne pas le faire, c’est nous condamner à long terme à devoir quitter le territoire ou à investir dans l’urgence des sommes considérables pour pouvoir y rester. Cette situation qui pourrait nous arriver est déjà en cours dans plusieurs endroits du monde. Si pour ces communautés, le sort semble jeté, nous avons pour notre part des leçons à en tirer. Faut-il encore que nous ayons le courage de comprendre que les solutions doivent être discutées dès maintenant et que nous devons les mettre en place sans plus attendre.

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