Va-t-on boire la tasse?

Va-t-on boire la tasse?

L’image a été souvent utilisée, mais on ne s’en lasse pas tellement elle est belle et surprenante. Vue de l’espace, notre Terre ressemble à une planète d’eau sur laquelle flotteraient quelques grosses îles-continents. Si le bleu y est dominant, c’est sans doute parce qu’avec 360 millions de km2, les océans occupent 71% de la surface du globe. Dans les faits cela signifie aussi que près de 97% de toute l’eau disponible sur Terre, soit 1 320 millions de km3, est salée. Voilà pour les chiffres ! De quoi donner le vertige mais peut être aussi des arguments à ceux qui estiment que le réchauffement planétaire pourrait faire monter le niveau des océans de plusieurs mètres, faisant disparaître ainsi une grande partie des terres émergées, provocant de multiples désastres, le déplacement mais aussi la mort de milliers, voire de millions d’êtres humains.

La principale cause de la montée des océans est due à la dilatation thermique de l’eau de surface. En effet, l’eau chaude occupe plus de volume que l’eau froide. La deuxième cause la plus importante est la fonte des glaciers de l’Antarctique et surtout du Gröenland, fonte qui s’est accélérée au cours des dernières années augmentant ainsi les volumes d’eau qui se déversent dans les océans.

À quoi devons-nous nous attendre au cours des prochaines décennies ? Selon les calculs et les probabilités, d’ici la fin du 21e siècle, l’élévation du niveau des océans pourrait atteindre entre 18 cm dans le meilleur des cas et 60 cm dans le pire des cas. Nous sommes donc loin d’une augmentation qui se calculerait en mètres, selon ce qu’anticipent certains. Mais encore faut-il ajouter que ces prévisions ont été faites en considérant que le réchauffement planétaire moyen ne dépasserait pas 2oC, ce qui malheureusement est loin d’être garanti. Si la « machine climatique » qui est elle-même dépendante de la capacité des océans à stocker la chaleur devait se dérégler davantage que ce que prévoit les prévisions et que l’augmentation des températures devait être supérieure à 2o C, alors tous les scénarios sont possibles.

 Le problème est que cette capacité de stockage de la chaleur par les océans, estimée à 1 200 fois supérieures à la capacité de stockage de l’atmosphère, a des limites et que nous nous en rapprochons petit à petit en continuant à émettre, année après année, des millions de tonnes de CO2 et autres gaz à effet de serre. Certaines études ont démontré qu’entre les années 2000 et 2009, l’énergie stockée dans les océans aurait grimpé d’environ cent fois la consommation d’énergie annuelle de l’ensemble de l’humanité. Jusqu’où cette capacité de stockage pourra-t-elle aller ? Qu’arrivera-t-il si les limites sont dépassées ?

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