Quand la chaleur tue

Quand la chaleur tue

À travers toute l’histoire humaine, le Soleil a occupé une place centrale dans la représentation du monde et ce, bien avant que Nicolas Copernic en élabore la théorie au début du 16 e siècle. Durant des milliers d’années un peu partout sur la planète des Humains ont vénéré l’astre qui symbolise le jour, la chaleur et donc la vie. Indous, Incas, Aztèque, Égyptiens, Romains, Celtes, etc., lui ont dédié des prières, lui ont fait des sacrifices pour qu’il réapparaisse jour après jour, lui ont construit des temples pour saluer sa grandeur et s’attirer ses bonnes grâces, comprenant sans doute intuitivement sa place et son rôle dans notre univers, dans le cycle de la vie.

Mais s’il est symbole de vie, le Soleil peut être aussi porteur d’inconfort, de souffrances et même de mort, quand ses rayons se font trop chauds et trop « mordants ». Chaque année, on recense à travers le monde plusieurs décès occasionnés par les températures élevés ou par une trop grande exposition aux rayons ultra violets.

Ce fut le cas en 2003, quand une vague de chaleur torride a déferlé sur l’Europe du mois de juin à la mi-août, faisant près de 70 000 morts, dont 15 000 à Paris seulement. Les victimes étaient majoritairement des personnes âgées ou souffrantes de problèmes respiratoires. Il s’agit de l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières en Europe au cours des 100 dernières années.

Cet épisode caniculaire a eu d’autres impacts importants sur l’agriculture et la sylviculture de plusieurs pays causant d’importantes baisses de productivité de plusieurs récoltes ainsi que de nombreux incendies qui ont détruit près de 650 000 ha de forêt. Les chaleurs intenses ont bien évidemment eu des impacts sur la masse des glaciers que l’on retrouve dans les Alpes. Certaines études ont démontré que durant l’été 2003, la perte moyenne de l’épaisseur des glaciers a été de près de trois mètres d’équivalant-eau, soit environ cinq fois plus que la perte enregistrée pendant la période chaude de 1980-2000.

Ce qui surprend et qui frappe les esprits c’est que cette catastrophe a pour décor des pays tels la France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Suisse qui sont des pays développés, prospères, disposant de ressources humaines, techniques et financières importantes, des services de santé modernes et de qualité. Ce tragique épisode démontre combien nous sommes vulnérables face aux éléments. Cela démontre aussi que nous sommes souvent mal préparés aux changements climatiques car nous les appréhendons encore avec difficulté et retard. Il est donc important de mettre en place rapidement des mesures d’atténuation et d’adaptation.

Depuis l’épisode caniculaire de 2003, l’Europe a pris des mesures de protection et plusieurs programmes de prévention et d’actions ont été mis en place afin qu’une telle catastrophe ne puisse pas se renouveler. Ainsi, un premier réveil a sonné et ce bien au-delà du vieux continent.

Une initiative de

Fondation Monique Fizt Back

Partenaires

Gouvernement du Québec Fonds vert du Québec