Combattre les îlots de chaleur

Combattre les îlots de chaleur

Il n’existe pas UNE solution miracle pour éliminer ou atténuer les îlots de chaleur urbains mais un ensemble de mesures et d’actions, souvent très simples, qui peuvent être prise. La plus grosse part de la responsabilité revient bien évidemment à nos élus, aux architectes, aux urbanistes, à ceux qui pensent la ville d’aujourd’hui et de demain, à ceux qui l’aménagent, ainsi qu’aux responsables du secteur de la santé.

Il y a aussi une part qui nous revient, à nous citoyens, et ce quelque soit nôtre âge et nôtre condition, car la ville nous appartient bien plus que nous le pensons. Si nous souhaitons y être heureux, si nous voulons avoir du plaisir à l’habiter, à la marcher, à la regarder alors il faut qu’elle nous ressemble, qu’elle nous offre facilité, beauté et confort. Cette responsabilité peut prendre différentes formes : que ce soit en s’impliquant au sein d’une association de quartier qui milite pour la protection des boisés urbains, ou en proposant aux responsables de votre école de faire des aménagements dans la cour de récréation ou aux abords ou encore auprès de vos parents pour qu’ils entreprennent des petits travaux de verdissements dans votre cour, dans votre quartier, etc. Nous pouvons avoir un impact réel sur notre qualité de vie. Chaque geste compte et c’est l’accumulation de nos petits gestes qui mis bouts à bouts procurent les bénéfices espérés.

Les changements climatiques sont une occasion pour repenser la ville, pour l’aménager en fonction des limites déjà atteintes et des impacts attendus. Plusieurs n’hésitent pas à dire qu’il faut entreprendre une véritable révolution urbaine, révolution dans la conception et le rapport que nous entretenons avec la ville et ses composantes. Le champ de cette bataille pacifique est la ville en elle même, c’est-à-dire sa morphologie, son rythme et même sa couleur. Si rien n’est fait rapidement c’est toute la ville qui risque de se transformer non pas en un îlot mais en une île de chaleur avec tous les problèmes qui viennent avec. Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce cela que vous voulez ?

Que faire et comment le faire?

Pour contrer l’effet des îlots de chaleur il faut mettre en place… des îlots de fraîcheur. Mais dans les faits à quoi ça ressemble un îlot de fraîcheur ?

On sait que l’un des facteurs qui contribue à la création des îlots de chaleur urbain réside dans les propriétés thermiques des matériaux avec lesquelles nous construisons nos villes. Pour inverser cette tendance il faut donc utiliser des matériaux avec un albédo élevé c’est-à-dire capable de réfléchir au maximum les rayons du soleil. À l’avenir il faudrait que nos villes, les toitures des bâtiments et des maisons soient les plus pâles possibles, idéalement blanches comme elles le sont dans les pays de la méditerranée et non grises et noires comme c’est encore trop souvent le cas ici.

Une autre stratégie consiste à augmenter la couverture végétale que ce soit en augmentant la quantité d’espaces verts (forêts et parcs urbains), en plantant d’avantage d’arbres surtout à des endroits stratégiques mais aussi en protégeant les arbres matures déjà existants. En effet, pour compenser les pertes d’un arbre mature en termes de couvert végétal et de captation de CO2, cela prend près de 70 jeunes arbres de 2 mètres de haut. L’autre manière d’augmenter la couverture végétale dans les centres urbains est d’aménager des toits et des murs végétaux. En plus c’est beau.

Source: jardinsdebabylone.fr

Parmi la panoplie des mesures à mettre en place il ne faut pas oublier la place de l’eau. Bassins, fontaines, jets d’eau, brumisateurs devraient être installés un peu partout car ils jouent le rôle de tampons thermiques en rafraîchissant l’air ambiant.

La question de la place des transports dans nos villes est centrale. Jusqu’à présent la voiture y règne en maître mais de plus en plus de personnes sont d’avis qu’il est temps de trouver des alternatives moins polluantes, moins bruyantes et moins encombrantes au transport individuel. À court terme, l’une des solutions envisagées est de limiter l’accès des villes aux automobiles. Mais pour cela il faut que les transports en commun soient en assez grand nombre, diversifiés, efficaces et pas trop cher pour les usagés. Métros, bus, tramways, trains de banlieues doivent se multiplier surtout quand on sait que les voitures consomment deux fois plus d’énergie par kilomètre qu’un train et quatre fois plus qu’un autobus. Le développement des voitures électriques est-elle, selon vous, LA solution que nous attendions ? ou devons-nous faire encore plus ?

À cela, n’oublions pas la possibilité ou la nécessité, de développer le transport actif (transport à vélo ou à pied) car non seulement il n’émet pas de GES et donc de chaleur, mais il est bénéfique pour la santé humaine en encourageant l’activité physique. Selon certaines études, l’amélioration de la santé des citoyens permettrait de réaliser des économies trois fois plus importantes que les investissements nécessaires à la construction de pistes cyclables ou de rues piétonnières. Il n’y a donc pas de raison d’hésiter plus longtemps pour commencer à prendre son vélo ou à marcher quand c’est possible, que ce soit pour aller à l’école ou faire des petites courses ou encore se rendre chez des amis.

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