La situation au Canada

La situation au Canada

Les explorateurs et les colons Européens ont été les premiers à introduire de nouvelles espèces au Canada. Dans les cales de leurs bateaux ils ont apportés des animaux domestiques et des espèces végétales jusqu’alors inconnues. Mais avec ces précieuses cargaisons destinées à leur installation dans ce nouveau pays sont arrivées des espèces indésirables: animaux nuisibles, tel le rat surmulot, mais aussi des virus telles la grippe et la variole qui sont des maladies mortelles. Si pendant près de quatre siècles le bassin d’importation des espèces exotiques envahissantes a été principalement Européen, depuis plusieurs décennies, plus d’espèces arrivent d’Asie et de partout ailleurs dans le monde.

Le Canada compte des centaines d´espèces envahissantes, notamment des insectes, des oiseaux, des mammifères, des reptiles, des amphibiens, des crustacés, des plantes aquatiques et terrestres, des poissons de mer et d´eau douce, des algues, des champignons et des mollusques. En outre, environ 10 % de tous les végétaux sont considérés comme étant des espèces envahissantes. De nouvelles espèces font constamment leur apparition au Canada.

Ici comme dans de nombreux pays à travers le monde les espèces envahissantes posent une grave menace pour la biodiversité du Canada. Si les conditions sont propices à leur développement, elles créent un déséquilibre naturel en entrant en concurrence avec les espèces indigènes.

Où se trouvent les plantes exotiques envahissantes au Canada?

Nombre d'espèces envahissantes au Québec, selon la province ou le territoire

Source : Agence Canadienne d’inspection des aliments (http://www.inspection.gc.ca/francais/plaveg/invenv/techrpt/summresf.shtml Lien externe )

Il faut savoir que l’on importe encore intentionnellement de nombreuses espèces exotiques de partout dans le monde pour s’en servir dans les domaines  de l’agriculture, de l’horticulture, en tant qu’animaux de compagnie ou encore pour la recherche médicale et scientifique.  De nombreuses lois régissent l’importation d’espèces exotiques au Canada et leurs déplacements une fois à l’intérieur du pays. Malheureusement malgré les programmes de surveillance et de limitation des espèces importées on ne tient pas toujours compte des retombées potentielles sur l’ensemble dans le cas où celles-ci pourraient accidentellement s’échapper et se développer sans contrôle.

La situation dans les Grands Lacs

La région des Grands Lacs est un vaste écosystème très important pour des millions d’individus qui y vivent ou qui en dépendent tant du côté canadien qu’américain. Mais c’est aussi un milieu très fragile à tous nouveaux changements et perturbations. Selon les recherches qui ont été menées pour surveiller son état de santé, on  compte déjà près de 200 espèces invasives de partout au pays et dans le monde. Et ce chiffre n’est malheureusement pas final, puisque l’on y découvre une nouvelle espèce tous les six à neuf mois. Si les conditions sont propices à leur développement, ces nouvelles espèces peuvent devenir envahissantes et causer des dommages importants, comme c’est le cas pour la moule zébrée. La prolifération de ce mollusque a entraîné des dépenses de centaines de millions de dollars pour le contrôle et le maintien de l’approvisionnement en eau des industries et de certaines municipalités

Les scientifiques estiment que 65 pour 100 des espèces aquatiques envahissantes dans les Grands lacs ont été introduites par des navires océaniques.  Source : Ministère des richesses naturelles de l’Ontario (http://www.mnr.gov.on.ca/fr/Business/Biodiversity/2ColumnSubPage/STEL02_176737.html)

Mais une menace plus grande encore plane sur les Grands Lacs. Elle a pour nom la Carpe Asiatique. Cette espèce exotique a été introduite en Amérique du Nord dans les années 1970 pour enrayer la propagation des algues dans les usines de traitement des eaux et les piscicultures. En 1993, à la suite des crues du fleuve Mississipi, certains spécimens se sont échappés et ont depuis remonté le fleuve et ses tributaires jusqu’au Lac Michigan. Faut-il s’en inquiéter ou au contraire se réjouir de voir davantage de « petits » poissons dans les Grands Lacs ? Le problème c’est qu’il ne s’agit pas d’un petit poisson comme les autres, car la Carpe Asiatique peut mesurer jusqu’à 1 mètre et peser jusqu’à 50 kg. Elle est d’une très grande voracité et consomme l’équivalent de d’environ 40 pour cent de son poids par jour. De plus elle bénéficie d’une très grande capacité de reproduction.

Source: POC

Pour tous les intervenants en matière de biodiversité, tant du côté américain que canadien, le doute n’est plus possible. La situation que l’on observe depuis plusieurs années dans le bassin versant du Mississipi inquiète. En effet, on estime que la carpe Asiatique a réussi à supplanter la presque totalité des espèces indigènes. Selon le directeur exécutif du Conseil ontarien de la pêche commerciale, M. Peter Meisenheimer, « si les carpes arrivent jusqu'à la région des Grands Lacs, elles vont y semer le chaos absolu en changeant l'écosystème et en menaçant une économie de 100 millions de dollars. ».

Depuis 2009, l’inquiétude est devenue plus grande encore, quand des résultats de test ADN ont démontré la présence de traces dans le canal Chicago qui relie le Mississipi au Lac Michigan, pourtant protégé par des barrières électrifiées pour empêcher l’invasion de l’indésirable. De nombreux moyens techniques et financiers ont été mis en place pour lutter contre ce qui pourrait devenir un fléau. Le danger est en effet réel, tant pour la biodiversité des Grands Lacs que pour le secteur de la pêche professionnelle, dont on estime les retombées économiques à quelques 7 milliards de dollars annuellement. Danger aussi pour les pêcheurs récréatifs, les plaisanciers et les skieurs nautiques, car la carpe argentée peut sauter plus de 8 pieds hors de l’eau lorsqu’elle est surprise. Une rencontre qui peut être douloureuse si l’on n’y prend garde.

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